Psychoanalyst and patient.
 

Qu’Est-ce que la Psychanalyse ?

Sigmund Freud, Un jeune médecin juif, il y a déjà plus d’un siècle, s’interrogeait sur des difficultés épistémologiques  rencontrées dans le cadre de ses recherches en neurobiologie et en anatomie-clinique. Le fruit de ses interrogations aura des répercussions nombreuses sur ses contemporains. En France, Jean-Martin Charcot, s’intéressait lui aux manifestations de certains malades de la Salpêtrière, catalogués « Hystériques ». Ces femmes hystériques, dont les symptômes, notamment des paralysies, ne correspondaient pas à ce que l’on connaissait de l’anatomie et de la physiologie ne laisse pas indifférents Freud. Ces malades revivaient des scènes à caractère sexuel, c’est en comprenant le symptôme en tant qu’une représentation imaginaire inscrite dans le langage que Freud s’aventurait, alors, dans une autre voie, celle de la parole. Freud s’attache non seulement à écouter mais à entendre consciemment ou non ce que disent ces hystériques, ou plutôt ce que disent leur symptômes. Freud invente la psychanalyse et en allongeant sur un divan ces patients tout restant à la dérobé de leur regard il privilégie l’écoute au regard.

Qu’Est-ce qu’une Psychanalyse ?

 Parce que le langage est un mode de communication privilégié, qui distingue le genre humain de l’espèce animale.

Pouvoir formuler son vécu, par une parole pleine, c’est se donner la possibilité de se dégager de ses conflits tant internes qu’externes, de vaincre ses échecs, de dépasser ses peurs et ses angoisses, de surmonter la perte d’un proches, d’une relation, d’un travail, d’un idéal.

La rencontre analytique par le transfert qu’elle produit, permet de remettre en juste place le décalage entre une image de soi parfois altérée par des projections que d’autres (les parents, la famille, l’éducation, le milieu social, professionnel) induisent parfois à notre insu.
Parce que chaque sujet se constitue avec son histoire familiale, dans une transmission qui traverse parfois plusieurs générations.

La psychanalyse aide à comprendre ce qui se passe dans la partie enfouie sur laquelle le sujet a jeté le voile, elle participe à une véritable transformation du moi, interroge les chaînes de la répétition, dénoue la culpabilité. La psychanalyse en permettant d’acquérir un savoir sur soi de saisir ce qui émerge parfois subrepticement elle nous plonge dans l’inattendu, la surprise et nous donne un éclairage nouveau sur notre vie.

Engager un travail sur soi permet de libérer de l‘espace psychique, de rendre fécondes les étapes charnières d’une existence en les utilisant afin de (re)trouver la solidité et l’énergie nécessaire pour arriver à évoluer en se réconciliant d’abord avec soi-même, en s’accordant le droit de s’accomplir dans son existence, au plus proche de son désir.

Commencer une psychanalyse, c’est prendre rendez-vous avec soi-même, se remémorer ce que l‘on sait de soi, laisser émerger une parole authentique dépouillée de certitude, de faux semblant.
La méthode analytique engendre des modifications, des changements, un autre regard sur soi et autrui, elle est une pratique dynamique et vivante, qui préserve la possibilité d’une parole unique, inscrite dans la chair du sujet. L’analysant, ainsi, apprend à travailler le savoir inconscient sans pour autant le réduire au statut de phénomène mais d’être accompagné  jusqu’aux limites du possible ou il pourra dire «  donc je suis ça ».

Le temps de la séance, c’est le temps que l’on se donne pour, parce qu’on la paie avec ses deniers. C’est le temps de régler ses comptes, avec soi, avec la dette de son passé, celle de ses parents…. C’est l’inconscient qui crée le temps de la séance et l’analyste épouse ce temps.

Le désir de savoir est le pivot de la cure analytique, il ne consiste pas à se substituer à l’inconscient ou à mettre à distance celui-ci mais plutôt circonscrire le « trou » dans le savoir, la béance dans le savoir qui est recouverte du voile du fantasme qui s’exprime, alors, dans le symbolique, dans la langue…

 Qu’Est-ce qu’un Psychanalyste ?

Celui ou celle qui vient à la rencontre d’un psychanalyste demande à être libéré d’un symptôme, une souffrance, des difficultés à vivre avec les autres et parfois avec soi-même. Ce symptôme qui fait la douleur d’un sujet est sa réalité la plus intime mais aussi la plus étrangère, il en ignore la cause. Un Psychanalyste est celui qui prend au sérieux cet insupportable là et qui tient pour unique cet impossible à tolérer sans le recouvrir d’une prescription quelconque

L’analyste sait de quel matière est fait l’inconscient qui produit le symptôme, il connait sa structure, faite de paroles qui ont été dites et qui se transforment en un équivalant inconscient. A ces paroles se rattachent parfois des souvenirs, des traumatismes, sur lesquels aucun mot n’a été posé. Le sujet n’a pas pu en dire quelque chose et donc décrypter le véritable retentissement qu’elles ont eu dans sa conscience, sa vie. Le sujet ne sait pas qu’il sait et l’analyste est là pour l’aider à savoir.

Celui qui adresse son symptôme au psychanalyste suppose cependant que celui-ci en détient le secret unique. Il le constitue en sujet supposé savoir.

L’analysant met en mot ce qu’il ne peut à peine dire et de ce fait il met en acte la structure de langage de l’inconsciente, en parlant il se subjective et l’analyste en interprétant fait résonner l’inconscient de l’analysant et se fait dépositaire d’un savoir inconscient qui peu à peu se révèle à l’analysant.

L’analyste est d’abord celui qui a été analysant et qui a mené jusqu’à son terme un travail psychanalytique. Il devient, alors, celui qui peut porter la responsabilité de l’acte analytique. L’analyste prend appui sur différents enseignements tirés des sciences de la philosophie et de la psychanalyse, il y confronte toujours ce qu’il tient de sa propre analyse. Ainsi l’école à laquelle il appartient devient de manière didacticiel, le creuset de son savoir et des savoirs  de chaque psychanalyste qui y livre le leur.

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